Les petites choses de ma vie... sous le tilleul

31 juillet 2020

21 ans

20200730_194636Régulièrement nous vidons les granges de la maison sous le tilleul. La 1ère fois elles étaient pleines de ce que les précédents propriétaires y avaient entreposé au fil des années, du carnet du jardin à de vieux bidons ou sacs de ciment.

Malgré notre rangement optimisé, nos grands tris successifs, un certain laisser-aller se ré-installe et elles reprennent la forme d'un capharnaüm. Et nous peinons pour accéder à ce qui  nous intéresse (sur l'établi, ou dans la caisse cachée derrière de vieilles portes...).

Cet été notre ambition était de bien vider à nouveau, ranger encore mieux. Nous avons commencé hier. La canicule aujourd'hui suspend le geste, il se poursuivra dès demain.

Parmi les trésors de tissus entreposés pour caler ou protéger, je retrouve ce torchon, sans doute glissé dans un lot de vieux draps de coton marron, donnés par mes parents ou ma grand-mère maternelle. Ses couleurs le datent bien, les motifs ont étrangement une certaine actualité. Je l'ai lavé et il reprend du service chez moi - après qu'il ait servi à mon oncle Jacques il y a 21 ans au moins. Il y a encore une étiquette brodée de son prénom et de son nom, cousue dessus.

Peut-être l'avait-il eu tout jeune homme ?

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19 mars 2020

Pour une fois

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Je croyais partir pour un week-end et pour une fois j'avais veillé à ne pas emporter trop de livres. Je suis partie pour bien plus longtemps et les 2 livres emportés sont un peu légers. Alors je vais les lire et les relire, en utiliser chaque mot chaque page chaque idée. 

L'un, c'est

PAR
FOIS

le dernier recueil de poèmes de Thomas Vinau, publié aux éditions du Hanneton. Imprimé à la maison, comme ils disent, sur la linotype, qui donne du relief aux poèmes - pour ceux qui ont connu, cela a un rendu de machine à écrire, au dos du papier...du relief, donc.

L'autre c'est

3 minutes de philosophie pour redevenir humain

de Fabrice Midal, qui m'invite à le pencher sur mes croyances et mes habitudes.

*****

Dans le recueil de poèmes, il y a celui-ci, si juste :

Parfois

une agonie

et une naissance

se cachent

dans le même cri.

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24 février 2020

Pigeon voyageur

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[St Saturnin les Apt - 15 fév 2020]

 

Mon courrier part aujourd'hui.

Il y a un peu de couleur

Au dos du timbre vert

J'ai croqué un carré de chocolat

Avant d'écrire et de signer le chèque

Pour recevoir chez moi

Le dernier recueil

De Thomas.

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11 février 2020

Darning

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[Chaussettes de laine John Arbon textiles reprisées de fil de laine St Pierre - Janvier 2020]

Stocking darning. Swiss darning.

Des techniques découvertes et apprises à Turin en 2017 au sein d'une pépinière luxuriante, auprès de Tom. Une fois adulte. Une fois que j'avais fini de croire que repriser, ravauder, réparer, c'était d'un autre temps.

Aujourd'hui, réparer un vêtement aimé, c'est en quelque sorte le recréer. Le tisser des accrocs de nos vies. De manière visible. La grâce des cicatrices.

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10 février 2020

La vie en couleurs

Dès que je pars en déplacement il me manque encore plus. Comme si chez nous (où il ne vit plus depuis un an) me rapprochait de lui. C'est étrange ces formes de manque et de présence.

Mes envies de vivre des expériences en solo m'interrogent alors même que parfois la solitude ressentie est si difficilement supportable. Une histoire de choix.

Me rappeler que mon corps est ma maison.

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[Nice, 20 fev 2020]

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31 décembre 2019

En 10 ans

Tenter un regard en arrière un peu plus loin qu'une année, moi qui suis myope...

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Dans le désordre !

Depuis 2009, j'ai appris à vivre en plusieurs lieux, du fait de notre emménagement à Lyon et de mon poste resté en région parisienne. Une dissonnance si forte qu'à un moment donné j'ai démissionné, pour reprendre un poste dans la même entreprise, mais autrement (toujours en région parisienne cependant).

J'ai successivement eu la carte Grand Voyageur, puis Plus, puis Club. Aujourd'hui le nombre de km mensuels parcourus en train me donne la nausée. Je ne le consulte plus.

J'ai appris à tisser dans un atelier niché en haut d'un village du Tarn et Garonne. Absorbée par le geste, par le bruit du peigne qui vient cogner le cadre, par le jeu des pédales qui déplacent les lisses. J'y suis retournée 2 ans après.

J'ai découvert Lisbonne et l'Alentejo. Arpenté Venise 5 fois une semaine.

Je suis devenue une tata, j'ai 2 nièces et un neveu, l'une aussi brune que les 2 autres sont blonds.

Je sais modeler la terre, poser des engobes et émailler. Me laisser surprendre à la sortie du four et aimer ce qui est là. Je tresse l'osier.

J'ai appris à ravauder, à repriser tissu et tricots, lors d'un week-end turinois fantastique.

Je fabrique ma lessive. Nous prenons soin de nous avec les plantes, les huiles essentielles, l'argile, l'acupuncture,les huiles végétales, les mains des ostéopathes ou énergéticiens.

Je me suis formée sur le tas au lean management, et j'apprends toujours. J'ai aussi développé mes connaissances et pratiques permaculturelles, consolidées par un Permaculture Design Course à la sortie duquel je sentais dans mes tripes que j'avais trouvé le virage que je souhitais prendre pour la suite de ma vie.

Ma fille aînée est partie 3 mois au Canada, en Colombie Britannique, à 16 ans. Quelle lame de fond ce départ. Elle y est retournée. A passé 2 ans étudiante en Grande Bretagne. J'ai appris les séparations qui révèlent la profondeur de l'attachement.

Avec ma fille cadette nous avons découvert une cabane dans le Cantal et la joie de marcher ensemble. Après 21 ans de vie ensemble, elle me surprend toujours.

En devenant de jeunes adultes mes filles m'apprennent à être une meilleure adulte moi-même.

J'ai perdu deux amitiés, ce fut long d'en faire le deuil. J'en ai tissé de nouvelles, sous le tilleul et à Lyon. Précieuses. Il y avait de la place pour les laisser émerger.

J'ai entrepris mes premiers pas sur le chemin de St Jacques de Compostelle.

Avec mon chéri nous avons expérimenté la séparation géographique, qui a révélé le lien et la connexion profonde que nous avons construits en 25 ans de mariage. Nous sommes aujourd'hui moins éloignés et cependant pas encore à nouveau réunis à plein temps. 

J'ai été confrontée à la solitude sociale, les déplacements ne contribuent pas à nourrir les relations amicales qui ont aussi besoin de vraies rencontres et d'impromptu (ou alors je n'ai pas encore trouvé comment). Après avoir découvert le Qi Gong, pratiqué le yoga, les alignements corprorels, en groupe, je pratique seule un petit peu chaque jour, chez moi ou dans les chambres d'hôtels à l'espace tellement compté.

J'écris tous les matins, 3 pages. Les poèmes ou haïkus quand ils émergent à la surface de ma conscience. J'ai fait lire mon recueil à un petit groupe d'amis, je me souviens de la sensation procurée, comme sauter du grand plongeoir.

Eprouvé la perte d'un très proche.

Notre nourriture s'est ancrée encore plus fortement dans le local et définitivement dans le bio. Après 2 ans de mode alimentaire paléo qui nous a asséché et donné une énergie incroyable, notre volonté de réduire la consommation de viande a été la plus forte, et aujourd'hui nous avons aujourd"hui un mode alimentaire qui est un mix de végétarisme / flexitarisme où la chair animale est présente très exceptionnellement dans l'année.

Je sais faire mes graines et j'ai contribué à la conservation de 2 variétés régionales de tomates et de haricots.

J'ai fait des semis en pleine présence, sauvegardé des plantules de salades, inventé ma cuisine à partir de ce que le Jardin sur la Colline m'offrait. Du pied à l'assiette, directement. Les projets ébauchés au sein de ce Jardin, dans lesquels je m'inscrivais, ont changé.

J'ai expérimenté la voie du trait dans le beaujolais, connexion du souffle et de l'encre. J'ai suivi le parcours de 8 semaines en MBSR en groupe, étape d'un chemin démarré en solo.

A suivre...en 2020 

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28 décembre 2019

Apprendre à Venise

Lors de mon prochain séjour vénitien, j'apprendrai à faire du papier à la cuve dans le sestiere de Castello, et aussi à fabriquer un livre dans le sestiere de Santa Croce.

En parcourant 2019 de la plume hier, j'ai repéré que ces moments de découverte, d'appentissage, de fabrication, sont des événements et éléments heureux pour moi, avec les voyages (parmi d'autres choses encore).

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[Venise, sestiere de Cannaregio, Déc. 2019]

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21 décembre 2019

En trop

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[Venise, Déc. 2019]

Ce que nous avons emporté et pas du tout utilisé : un chemisier de lin, bleu ciel : 1 tunique bleu marine : 2 livres pour lui, 4 pour moi : 1 projet de tricot : ma tablette : des pamplemousses : 1 torchon à vaisselle, un autre pour les mains : des sachets de plantes et épices diverses à infuser : ma paire de chaussons gris : sa ceinture noire : le dictionnaire de poche bilingue italien-français : un guide : 2 plans (l'un en trop piteux état, l'autre inadapté aux journées de marche) : un tee shirt pour le froid

Ce que nous avons emporté et dont nous aurions pu nous passer : sa 3ème paire de chaussures

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11 novembre 2019

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Forêt d'arbres

De verre

Colonies de fourmis

De fil

Carillon

Au fil rouge

Méduse d'or

Douce musique

De mes pas

 

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03 novembre 2019

Rendez-vous

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[Salinerie royale, Arc et Senans, oct 2018]

Merci Sylvie qui est venue attraper ma manche et me demander quand je reprenais l'écriture ici. Me revoici, donc.

Sous les pieds de notre famille la terre a tremblé et de ça je ne suis pas encore prête à parler, à raconter, à poétiser.

*

Je viens vous parler du rendez-vous que j'ai décidé de prendre avec moi tous les dimanches, en fin d'après-midi ou un peu plus tôt en fonction de ce que la vie appelle et offre. Un rendez-vous avec moi, choisi, décidé - qui a donc une toute autre saveur que les moments de solitude subis dont je n'ai pas encore réussi à inverser le ressenti. Un rendez-vous du dimanche pour mieux dessiner ma semaine, et voir ce que j'ai envie d'y glisser. Je me pose dans la cuisine, avec une bougie et parfois une infusion, je regarde mon agenda, et je cherche ce que je vais faire pour moi, et quand, et où (en fonction de mes déplacements). Je l'écris dans mon agenda papier - si volumineux que je ne me déplace qu'avec les pages découpées... Ce soir cela a donné ça :

- chaque jour : une aquarelle, idéalement ma tasse de thé ou de café matinal - un scan corporel et/ou une respiration consciente, des mouvements en conscience - les morning pages (est-ce nécessaire de le préciser ?)

- demain soir, à Nice : un appel pour définir comment être writing buddy avec R., rencontrée au bootcamp Permis d'écrire - Puis artist date : je file voir à 20h "Un monde plus grand"

- j'ai décidé d'où je travaillerai ensuite mercredi, jeudi et vendredi

- je n'ai pas répondu à la question qui me trotte sur mon engagement de samedi - la réponse émergera un matin à travers mes pages. Je sens bien pour le moment la dichotomie raison / coeur.

*

J'ai recommencé à écrire des haîkus, des flamboyances évidentes. Je les publie sur Instagram. Et ici, cela vous intéresserait-il de les lire ?

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